Éclater sa “famille”

 

Gabriel 18 ansJe comprends la douleur et le deuil à faire pour “l’éclatement”d’une famille. Je comprends le deuil et l’acceptation de voir d’autres personnes entrer dans cette même famille, ayant la crainte au ventre de perdre sa propre place. De voir, l’autre personne devenir la “maman” préférée de ce qu’on aime le plus au monde. De ne pas être celle qui reçoit LA carte de fête des mères et entendre un p’tit bout de choux appeler “l’autre” maman. C’est excessivement douloureux.

Avoir peur de perdre ses enfants, peur de perdre sa place. Peur de ce que l’avenir peut nous proposer plus tard, devant. Le futur est effrayant. Je comprends le deuil et la douleur face à une situation qui semble se terminer drastiquement, comme du jour au lendemain. Alors que depuis des années, possiblement, le bateau tanguait tout croche. Se retrouver un matin, tout seul, face au grand vide de la maison, parce que nous sommes malgré tout, parent. Cette déchirure de vouloir faire disparaître l’autre, de lui faire du mal, mais en même temps, d’être “pognée” avec toute la vie, parce qu’un lien nous unis de force.

Je sais aussi ce que c’est que d’avoir l’impression que la personne qu’on a aimé intensément devienne un véritable étranger. Comme si on découvrait le “darkside of the moon”. Se questionner à savoir “comment ça que cette personne est comme ça? Pourquoi? Qu’est-ce que j’ai pas vu avant qui ressort maintenant ? Pourquoi a-t-elle changer autant?” Comme un coup de poing en pleine gueule, on ne comprends plus, on est perdu.

Je sais que même que la situation est peu différente car même si nous entérinons la décision de mettre fin à quelque chose, le deuil doit se faire et avoir l’impression d’avoir tout fait exploser existe. Culpabilité, doute, questionnement, panique, peur, angoisse et anxiété… C’est tout simplement presque un parcours du combattant.

Sauf que, j’ai vécu tout cela il y a 18 ans avec le papa de Gabriel. Les débuts étaient intenses et pas simples. Même après tout ce temps, ce n’est pas toujours facile. Mais je pense que nous avons compris avec le temps, que chaque personne qui entrait dans la vie de notre “lien forcé” (Gabe) était là pour son bien. Que nous aimons plusieurs personnes sans pour autant préférer un plus que l’autre. Accepter que nous sommes une équipe et que nous voulons tous le bien être de ce “lien”.

Ce n’est pas simple, mais espérer une amitié malgré tout est possible et on fini par trouver un allié, même deux (puisque sa femme fait partie de l’équipe aussi) refaire une autre “sorte” de famille amicale toujours dans un but premier… le mieux être de ce qui nous est tous précieux.  On finit par baisser les armes, faire confiance et laisser aller. Même souhaiter du bonheur à l’autre, qu’on détestait tellement.

Aujourd’hui, je peux l’écrire. Je sais que ça existe. Mais fut un temps, j’aurais été incapable de le faire. Je sais aussi que certaines situations sont différentes.

Je pense qu’il est important de garder à l’esprit la raison principale du fait que nous avons accepter de faire des enfants avec cette personne qui nous semble affreuse. Alors que voilà quelques temps, elle ne l’était pas tant. Laisser place au deuil, le vivre, mais se relever, se mettre de bout et envisager le meilleur pour tout le monde. Et que malgré tout, même se faire du mal l’un l’autre, ne changera rien à la donne.

J’ai l’air bien sage, comme ça. Mais je le sais, parce que je suis passée par là.

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