Côté obscur II–La violence

HPIM1819
Blessure de guerre 2004
Je sais j’ai beaucoup d’obscure en moi ! Comme une statistique parmi tant d’autres sur les faits du quotidien à TVA. 

Je suis revenue de la France, parce que, ne se le cachons pas, ça ne marchait pas du tout avec mon ex mari. Est-ce que ça déjà marché ? En y repensant, je pense pas. Le beau pattern lune de miel, pétage de coche, excuses et “on recommence”… je l’ai vécu. À chaque fois, j’y laissais un peu de moi. Mais j’étais incapable de partir. 

Des soupers organisés entre amis, où j’étais la méchante, la plate, la poche… Pas d’amis, pas de famille. Toute seule avec moi-même. Des allers-retours non nécessaires entre la France et Montréal, parce que j’étais pas la bonne (ou il en était pas sûre).

Honnêtement, je l’ai toujours su qu’il était pas nécessairement correct. Mais le coeur a toujours eu le dessus sur ma raison. Ce qui fait que, je pensais que, ça changerait. Je l’aimais profondément. Vous savez, quand on parle d’amour qui fait mal… c’est ça ! Un amour qui ne rend pas heureux, qui blesse chaque jour un peu plus.

Aimer au point de courir tous les jours pour lui, de repasser des vêtements (je fais jamais ça), d’arrêter d’être dérangeante. Mettre en standby ma joie de vivre, mon humour, terminer sur des anti-inflammatoires, des cachets pour dormir et arrêter de souffrir...  juste par amour. 

La photo ci-dessus, choquera, je le conçois. Mais non, ce n’est pas sa main qui a atterrit sur mon visage. Mais lors d’une dispute, je me suis réfugiée dans ma chambre, j’ai fermé la porte. Il a poussé la porte très fort, et j’ai reçu ma main et ma bague dans mon front. Le lendemain au travail (et même aujourd’hui), personne ne me croit ! C’est pourtant la vérité.

Psychologiquement,  j’ai encore du mal à revenir ce que j’étais. La violence était surtout psychologique. Ma peur de déranger, la peur de ne pas être appréciée, ne pas être aimée… c’est encore là. 

J’aurais du partir plus tôt. Je le sais. Je comprends le “pattern” des femmes battues qui ne peuvent pas partir. C’est trop difficile rendue à ce point là. On est plus rien, on est capable de rien. Il faudrait presque venir nous chercher et nous enfermer dans un coin pour subir un lavage de cerveau.

Je ne passe pas ma vie à lui en vouloir, d’ailleurs je ne sais foutrement pas ce qu’il arrive de cette personne. J’espère qu’elle arrive enfin à être heureuse. 

Reste que j'ai toujours du mal, encore aujourd'hui, à revoir des photos de ce moment de ma vie, sans me sentir mal !!

Quant à moi, c’est là que j’ai compris ce que moi, je voulais comme relation amoureuse et que dorénavant je n’acceptais plus l’inacceptable.
Back to Top