Une maman indigne…

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Moi !
C’est comment je me sens, ou comment certaines personnes me jugent (indirectement) lorsqu’on parle de médication et de TDAH. Je suis de celles qui a un fils diagnostiqué TDAH depuis l’âge de 7 ans, je suis de celle qui a choisi de lui donner du ritalin (au départ) pour l’aider à l’école et à la maison, je suis de celles que l’on juge parce que je choisis “l’option facile”.
À chaque fois, j’enrage quand je vois ces commentaires. Ça me blesse profondément et je me sens comme la pire maman sur la planète. Une maman sans convictions, qui ne se bats pas pour ses enfants, comme si donner de la médication était une option simple qui règle tout dans la vie. Malheureusement, ce n’est pas le cas. La médication ne règle pas les angoisses, les peurs, les inquiétudes, le stresse, l’intimidation, les pleurs… et même elle ajoute des effets secondaires, et on s’en passerait.
Mais quand ton enfant te regarde découragé et qu’il te dit “maman, j’arrive pas à gérer ce qu’il y a dans ma tête, il y en a trop”, tu sais que ça ne fonctionne pas. Quand l’école s’inquiète parce que les notes baissent, quand la majeur partie du temps Gabriel n’a pas d’amis ou ne les garde pas, quand tout est un jeu avec du bruit et qu’on a souvent l’impression qu’ils sont douze dans sa chambre à se taper dessus, alors qu’il est tout seul !!!Quand traverser la rue est un challenge (va-t-il penser à regarder avant de traverser?). Quand les récréations servent à reprendre les travaux qu’il n’a pas fait, quand les punitions ne donnent rien (et sachez que je suis assez sévère en général), quand les devoirs ne se terminent pas avant 22 h voir 23 h le soir. On s’en sort juste pas. Je me rappelle, lors d’une soirée, alors que tous les enfants s’endorment à 23 h, voir Gabriel continuer de courir partout à 3 h du matin.
Oui j’étais dépassée, oui j’étais découragée. Je savais plus quoi faire. Combien de fois j’ai du appeler info social (je le fais encore!!) pour trouver des solutions. Combien de fois je rencontre professeurs, intervenants, psychologues et directeurs d’écoles pour aider Gabriel. Quand le fameux “appel privé” apparait sur l’afficheur et que t’as plus le gout de répondre parce que “mon dieu, qu’est-ce que Gabriel a encore fait!”
Je voudrais m’assoir et vous expliquer ce que je sais sur le TDAH, sur sa dose (qui n’a pas changé depuis qu’il a 7 ans), sur les préjugés (médicamentation qui stimule et non qui calme !), sur comment moi je vis une journée quand Gabriel ne prend pas son médicament. Ce que nous vivons depuis 9 ans, ce que Gabriel subit à cause de ça. Pourquoi ça serait différent des diabétiques qui prennent de l’insuline pour gérer leur diabète ? Je porte bien des lunettes parce que je vois rien au loin ?!
Oui j’enrage dans ces commentaires plates là. Oui ça me tue. Mais oui je devrais m’en foutre comme l’an 40. Mais dans ces moments là j’ai juste envie de vous louer Gabriel, sans médication, une seule journée. Je vous garantie, personne n’ arrive plus que deux heures ! Nier ne règlera rien, et faire comme si de rien n’était non plus à mon avis. J’ai décidé de donner un coup de main à mon garçon pour qu’il devienne quelqu’un de bien et qu’il réussisse. Parce qu’à 16 ans, même s’il y a d’autre soucis qui se pointent, Gabriel est un ado qui cause beaucoup moins de soucis que plein d’autres enfants. 
Posez des questions, demander, jaser. Mais sachez que comme chaque parent qui a pris la décision, je l’a pas fait de gaieté de coeur. Oui j’ai pleuré devant le pédiatre parce que je voulais dont pas ! Je suis sortie comme un zombie de la clinique avec la prescription à la main, j’en revenais pas. Je pouvais pas ! J’étais un monstre ! Je suis un monstre ! Et quand j’ai vu ce petit bout de choux, pas très grand, prendre sa dose, devenir calme, fonctionner et réussir ses devoirs en moins d’une heure, voir les notes remonter…. le voir différent, wow ! L’équivalant d’un poids gigantesque venait de se retirer de mes épaules. J’étais (eh oui) soulagée ! 
Quand on “s’invente” des convictions profondes, sans avoir jamais vécu une situation et lorsque celle-ci se présente, je pense qu’il est important de ne pas se fermer des portes par conviction. Mais d’envisager toutes les solutions possibles qui se présente à nous. Pour aider du mieux que nous pouvons nos enfants. J’essaie d’éviter les convictions parce que vu ce que j’ai vécu, la vie m’a souvent jouer plus d’un tours !
Y a des évènements qu’on ne peut pas juger tant qu’on est pas dedans, dedans jusqu’au cou. Alors essayons d’éviter de critiquer des gens qui font leur maximum.Au lieu d’extrapoler sur “moi j’aurais fait ça !”. Assoyons-nous et jasons ! Devant un bon café, c’est tellement rassembleur d’ailleurs Rire
Note: Gabriel a 16 ans cette année, je sais pas pourquoi, il a beaucoup changé et tout ça est rempli d’espoir pour le futur. Sa dose de fin de semaine est plus faible que la semaine. On espère un jour (il se peut aussi que ça ne se fasse jamais) que la médication ne sera plus nécessaire.
Un vidéo qui explique super bien ce qu’est le TDAH.
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