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L’Écriveuse

Chez nous, on naît à coup de deux. Dans la limite du pareil mais défini dans la différence. J’imagine que c’était mieux de même, mettre autant de créativité dans une seule tête, ça aurait débordée.


Le dessineux, c’est mon frère. Avec une aisance hors du commun. Y devait avoir des crayons de caché entre ses orteils en venant au monde. Les traits lui sortent des doigts à grands gestes et il le sait, où il s’en va. C’est magique !


L’écriveuse, c’est moi. Un amour profond des mots, des phrases et du “pouette” (poète). Là où les émotions ne se racontent pas, mais se vivent… intensément. Les mots virevoltent dans ma tête pour imager ce que je ressens. Pas des faits, pas de la logique… juste des émotions.


Depuis je ne sais quand et où, j’ai le crayon qui se fait aller sans arrêt. Le dessin, j’y arrive, mais c’est un combat éternel avec mon cerveau. Écrire… jamais. Je ne remets pas en doute mon style, mes mots … je ne me questionne pas et personne, n’a le droit de me dire comment faire. Parce que je ne le ferai pas. C’est à moi…


J’ai écrit des pages à ne plus finir de textes, de lettres, de romans qui se peuvent pas. Je rêve de moduler les feuilles et de pitonner pour en finir à arriver à peut-être dire discrètement, j’écris. Mais c’est mon secret que je ne vante pas.


C’est en valsant sur les airs de paroles de Fred Pellerin que j’ai compris pourquoi j’écris, ici.


Ce n’est pas pour défendre des droits, ni pour me battre, ni pour justifier quoi que ce soit.


Le blog, c’est une défaite de bottine. Pour installer mes mots quelque part en laissant une petite trace, là où ils peuvent faire du bien. C’est une excuse, pour vous imposer mes écrits et vous faire vibrer sur ma longueur d’onde. C’est un égoisterie pure et dure, en fait. Ça me pousse, chaque jour, à prendre un instant pour essayer de raconter ce qui peut paraître le plus plate au monde, un quotidien.


Parce que pendant ce temps là, je suis bien. Smile

Un perpétuel volcan

Je m’installe, je veux écrire un article de blogue. Le portable sur la table de cuisine, les pieds étendus sur la chaise en face de moi, un café et un Perrier à gauche, du papier à droite et 3 tonnes de crayons partout. J’essaie une première tentative… jusqu’à ce que…


Bibi vienne me raconter un rêve (qui fini pu de finir), Fluffyman qui me demande comment j’envisage ma journée, Eve qui me parle d’un truc organisé à l’école, Sarah qui écoute des vidéos sur l’autre portable plus la télé qui joue dans le vide. S’ensuivent deux messages sur Messenger et possiblement mon cellulaire qui m’avise qu’un texto est rentré. Tout ça, simultanément…


Je finis par pogner les nerfs parce que je ne comprends pas qu’ils ne comprennent pas.

Je recommence mon article 4 fois, je perds mon idée et c’est le chaos… dans ma tête. Mais ils ne comprennent pas. Ils ne le voient pas. C’est trop abstrait.


J’ai pourtant expliqué souvent que je ne pouvais pas me concentrer dans les circonstances imposées. C’est lourd, c’est fatigant et je viens complètement épuisée. C’est comme si, on vous bombardait à longueur de temps (24 h sur 24) avec des petites roches. Rien de douloureux, mais juste assez pour « gosser ». Au bout d’un certain temps, l’impatience et l’intolérance s’installent et ça pète !


Et ce qui est fâchant, c’est d’essayer d’expliquer qu’on n’est pas capable de faire autrement. Que notre réalité est différente. Que notre fonctionnement est « particulier ». C’est difficile aussi de constamment rappeler à l’autre que c’est notre réalité. Et qu’on ne peut pas rien y faire pour la changer. Il faut juste se trouver des outils, des idées pour s’adapter autrement.


Sauf que, pour ça, il faut que l’autre… comprenne et assimile que je suis différente !

Famille de tda

clip_image001La rencontre des professeurs est toujours une rencontre redoutée pour la maman que je suis. C’est le signal des

« ça va pas supers biens » et des plans d’interventions qui finissent plus. Honnêtement, si je pouvais les skipper… je le ferais.


Cette année, c’est la première rencontre alors que les jumelles sont médicamentées (et moi aussi). Étrangement, on est chanceuses, la dose des filles est déjà stable et on a vu des changements très rapidement. Mais à ce point-là, je ne le savais pas ! C’est à la rencontre des professeurs qu’on m’a « jetée à terre ».

AU DÉPART

Les jumelles, lors de l’année scolaire, étaient incapables de faire un travail. Ou si elles le faisaient, elles devaient prendre plus de temps, utiliser les coquilles pour diminuer le bruit et les sautes d’humeur étaient intenses. C’était invivable pour tout le monde, surtout à l’école. En plus d’être incapables d’assimiler la matière à la même vitesse que le reste de la classe. Eve qui a un caractère plus intense et fort que Sarah cumulait les billets d’avertissements, les punitions… Plus ça allait, moins elle se trouvait bonne et elle en voulait à toute la planète. Elle pouvait, facilement, mordre tous les élèves dans un rang, parce qu’elle se sentait persécutée. Ce qui a engendré comme le recommencement de leur 2e année pour les jumelles.

AUJOURD’HUI

Sarah est adorée de sa professeure. Elle fait des phrases complètes et des textes structurés. Elle, qui l’an passé, avait du mal à aligner deux mots. Elle donne un coup de main à son professeur et elle fonctionne. Elle réussit très bien, même si elle ne sort jamais ses livres le soir (chose que je dois modifier). Dernièrement, elle a eu 100 % sur un travail… j’étais carrément sur le « cul ».


Eve a le même professeur que l’an passé. L’an passé, ça se passait vraiment mal. Cette année, celle qui en arrachait le plus à l’école, celle avec qui il fallait se battre pour qu’elle y aille, celle qui sortait ses livres, mais que ses notes ne reflétaient pas le travail… c’était ma mini Eve.  Et là… ce n’est plus la même petite fille.


Lors d’un travail, alors que toute la classe ne réussit pas, Eve nous clanche un 85 % et c’est parce qu’elle n’a pas eu le temps de finir la dernière question. Sinon, elle réussissait avec un 95 %. Elle rapporte des super résultats. C’est juste… Flabbergastant ! Sa professeure n’a plus la même élève et ma fille a vieilli de 5 ans en quelques semaines.


Elle travaille fort, elle fait ses leçons et ses devoirs. Elle gère sa médication elle-même et m’avertit d’ailleurs quand c’est le temps de renouveler sa prescription. Elle aide à la maison, elle est calme, concentrée… Et son estime d’elle-même a remonté. C’est comme si on m’avait changé de petite fille.

ET POURTANT

J’ai hésité à faire le « move ». Mais je crois, ce qui a aidé, c’est de voir que moi je l’étais aussi tda. J’ai juste compris comment elle se sentait dans une journée d’école, alors que le cerveau ne peut pas survivre à une journée aussi bruyante, dérangeante et fatigante. C’est difficile sur le moral, sur l’estime de soi et c’est surtout épuisant.

Je suis terriblement fière d’elles, de leur cheminement. Ça n’a pas toujours été facile pour elles, mais elles l’affrontent avec brio !

La douleur

Moi, dans ma tête, je suis intolérante à la douleur. Dans ma tête, je suis très très intolérante à la douleur. Mais, je me fais faire des affaires de même (anneau en or, fait hier en avant-midi à Sherbrook chez Unik Perçage et Tatouage par Martin Lamarche, perceur.):


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Chaque fois que je vais là, j’ai la trouille. Chaque fois que j’y vais, j’annonce mes couleurs en disant que je suis stressée, je sais pas si je vais restée allongée sur l’espèce de lit d’hôpital pas clair, que je vais mourir de peur et je mitraille les gens sur place de questions genre “ça vas-tu faire mal?”


Depuis le temps, championne, tu devrais le savoir si ça fait mal !!! Mais non…


Jusqu’à ce que je me retrouve “coincée” sur la “chaise/lit” entre les performances de Martin qui change du Milli Vanelli et  Snap, qui s’enligne sur mon oreille pour me torturer de douleur…


“T’es-tu prête?

- Go ! “ C’est là que j’inspire profondément pour gérer la douleur atroce qui va s’en venir.


Et…. rien. J’appréhende une douleur énorme… mais non. Y se passe rien. Même pas mal.


Belle preuve, que je ne connais pas mes forces ! Smile with tongue out

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